Pourquoi nos MCT viennent du palmier plutôt que de la noix de coco ?
Pendant longtemps, chez Bruta Slaty Energy, nous avons utilisé des MCT issus de l'huile de coco.
C'était un choix qui semblait évident.
La noix de coco bénéficie d'une image très positive : naturelle, tropicale, végétale… et souvent présentée comme une alternative plus « propre » à l'huile de palme.
Mais en travaillant sur nos ingrédients et sur leur impact environnemental, nous avons décidé de remettre cette évidence en question.
Parce qu'un ingrédient ne devient pas durable simplement parce qu'il bénéficie d'une bonne image.
Nous avons donc comparé les deux filières, en nous posant une question simple :
pour produire la même quantité de C8/C10, quelle matière première exerce le moins de pression sur les ressources naturelles ?
D'abord, de quoi parle-t-on ?
Les MCT — ou triglycérides à chaîne moyenne — sont des graisses particulières, principalement constituées d'acides gras C8 et C10.
Ce sont ces chaînes moyennes qui nous intéressent chez BSE pour leur comportement métabolique et leur utilisation comme source d'énergie.
Mais il existe une confusion fréquente :
huile de coco ≠ huile MCT.
L'huile de coco contient principalement de l'acide laurique C12, avec seulement une fraction relativement faible de C8 et C10. Pour obtenir une huile MCT concentrée en C8/C10, ces fractions doivent être séparées et concentrées.
La même logique de fractionnement peut être appliquée à des matières premières issues du palmier, notamment à l'huile de palmiste.
C'est cette voie que nous avons choisie.
Pour nous, le plus important reste le C8 et le C10
Il y a un point essentiel dans notre réflexion :
nutrionnellement, notre objectif n'est pas de choisir entre « coco » et « palmier ».
Notre objectif est d'apporter des acides caprylique (C8) et caprique (C10).
Une fois ces acides gras correctement fractionnés et purifiés, le C8 reste du C8 et le C10 reste du C10, quelle que soit la plante dont ils proviennent.
Autrement dit, pour nous, l'origine végétale n'est pas une finalité nutritionnelle.
C'est une question de filière.
Et cette distinction nous donne une liberté importante : nous pouvons choisir notre matière première en fonction de critères qui vont au-delà du simple argument marketing.
Nous pouvons regarder le rendement agricole, l'utilisation des terres, la biodiversité, l'origine géographique, la traçabilité et les pratiques de production.
C'est précisément ce que nous avons voulu faire.
Pourquoi changer la noix de coco ?
La première raison est le rendement agricole.
Le palmier à huile est l'une des plantes oléagineuses les plus productives au monde. Il produit beaucoup plus d'huile par hectare que la plupart des autres cultures oléagineuses. L'IUCN estime que le palmier produit environ 35 % de l'ensemble des huiles végétales mondiales sur moins de 10 % des terres consacrées aux cultures oléagineuses.
Cela ne signifie évidemment pas que le palmier est sans impact.
Au contraire.
Lorsque des plantations remplacent des forêts tropicales ou des tourbières, les conséquences peuvent être considérables pour la biodiversité et le climat.
Mais le raisonnement doit aller plus loin.
Remplacer une culture par une autre ne fait pas disparaître la demande d'huile.
Il déplace simplement cette demande.
Et la noix de coco ?
C'est probablement le point le plus contre-intuitif.
La noix de coco est souvent considérée comme une matière première particulièrement écologique. Pourtant, plusieurs travaux scientifiques montrent que son impact sur la biodiversité peut être important.
Une étude publiée dans Current Biology a notamment montré que la production de coco était associée à l'impact sur davantage d'espèces menacées par volume d'huile produit que plusieurs autres grandes cultures oléagineuses.
Une étude plus récente confirme également que les cultures de palmier à huile et de cocotiers font partie des principales cultures oléagineuses responsables de l'empreinte mondiale sur la biodiversité.
Et lorsqu'on compare les besoins en terres, le constat est également intéressant : la palme nécessite généralement beaucoup moins de terres que la coco pour produire une même quantité d'huile.
Autrement dit :
une matière première qui paraît plus naturelle n'est pas nécessairement celle qui nécessite le moins de ressources.
Les deux filières ne sont pas parfaites
| Pour produire une même quantité d'huile | 🌴 Palmier | 🥥 Cocotier |
|---|---|---|
| Rendement en huile | Très élevé | Plus faible |
| Besoin en terres | Plus faible | Plus élevé |
| Pression potentielle sur les forêts | Élevée si expansion sur forêt | Également possible |
| Impact potentiel sur la biodiversité | Important selon l'origine | Important selon l'origine |
| C8/C10 disponibles | Oui, notamment via le palmiste | Oui, mais en proportion limitée |
| Fractionnement nécessaire | Oui | Oui |
| Notre approche | Choisir et contrôler la filière | — |
Cette comparaison ne permet donc pas de dire que « la palme est bonne et la coco est mauvaise ».
Ce serait remplacer un raccourci par un autre.
Le véritable sujet est l'origine de la matière première, son rendement, le changement d'usage des terres et la manière dont elle est produite.
Alors pourquoi avons-nous choisi le palmier ?
Notre décision repose sur plusieurs éléments.
1. Nous avons besoin de C8/C10, pas simplement d'huile de coco
Notre objectif n'est pas d'ajouter de l'huile de coco à nos produits.
Nous recherchons spécifiquement des MCT C8/C10, pour leurs propriétés nutritionnelles.
Le fractionnement permet de concentrer ces acides gras et d'obtenir une matière première adaptée à cet usage.
2. Le palmier est extrêmement productif
À quantité d'huile équivalente, le palmier nécessite généralement beaucoup moins de terres que les autres grandes cultures oléagineuses.
Cela compte lorsqu'on réfléchit à l'impact global d'une matière première.
3. Nous voulons pouvoir choisir notre filière
C'est peut-être le point le plus important.
Puisque le résultat nutritionnel recherché est le même — du C8 et du C10 — nous ne voulons pas choisir notre matière première uniquement parce qu'une origine bénéficie d'une meilleure image.
Nous voulons pouvoir comparer les filières.
Et choisir celle qui nous permet de trouver le meilleur équilibre entre nutrition, disponibilité, rendement agricole, utilisation des terres et responsabilité environnementale.
Le vrai sujet : regarder derrière le marketing
Cette réflexion nous a surtout appris une chose :
un ingrédient qui « sonne bien » n'est pas forcément un ingrédient qui a le moins d'impact.
« Naturel » ne veut pas forcément dire durable.
« Végétal » ne veut pas forcément dire faible impact.
« Sans huile de palme » ne veut pas forcément dire meilleur pour la planète.
Et inversement, le mot « palmier » ne devrait pas suffire à condamner automatiquement une matière première.
Pour comprendre l'impact réel d'un ingrédient, il faut regarder derrière son nom :
-
combien de terres sont nécessaires ?
-
quel est son rendement ?
-
quelles terres ont été utilisées ?
-
y a-t-il eu déforestation ?
-
quelle est l'origine de la matière première ?
-
comment est-elle produite et transformée ?
-
est-elle traçable ?
-
et quelle pression crée-t-on si toute une industrie se met soudainement à utiliser la même alternative ?
Chez Bruta Slaty Energy, nous ne prétendons pas avoir trouvé une matière première parfaite.
Nous avons simplement essayé de poser la question différemment.
Puisque nous recherchons avant tout les mêmes C8 et C10, nous avons la liberté de choisir la filière qui nous semble la plus cohérente.
Et c'est cette liberté que nous voulons utiliser pour faire des choix fondés sur les impacts réels plutôt que sur l'image marketing des ingrédients.
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