Nutrition trail et ultra-trail : que manger avant, pendant, après
En trail, on n'abandonne presque jamais à cause des jambes. On abandonne à cause du ventre. Nausées, estomac bloqué, plus rien qui passe après 6 heures d'effort : les troubles digestifs sont la première cause d'abandon sur les longues distances.
Ce guide vous donne nos repères pour chaque format, du trail court à l'ultra : quoi manger avant, combien de glucides par heure pendant, quoi boire, et comment tenir quand la course dure des heures, parfois une nuit entière.
Le trail n'est pas un marathon en montagne
Sur un trail, l'intensité n'est jamais constante. On marche dans les montées raides, on court sur le plat, on relance dans les descentes. Une grande partie de l'effort se fait à intensité modérée, là où le corps brûle majoritairement des graisses.
C'est une bonne nouvelle : plus votre moteur aérobie est développé, plus vous puisez dans vos réserves de graisses, presque illimitées, et moins vous dépendez du sucre. C'est pour ça que les meilleurs ultra-traileurs construisent d'abord leur base en sortie longue en Zone 2.
Trois formats, trois stratégies
| Format | Durée | Glucides par heure | Carburant BSE |
|---|---|---|---|
| Trail court (jusqu'à 20 km) | Moins de 2 h | Peu ou pas | Zone 2 avant le départ, Tempo en petites gorgées |
| Trail moyen (30 à 50 km) | 2 à 6 h | 20 à 45 g | Tempo chaque heure + Zone 2 toutes les 2 h + vrais aliments |
| Ultra-trail (80 km et plus) | Plus de 6 h | 45 à 90 g maximum | Tempo + Zone 2 + vrais aliments, gels sur les passages intenses |
Avant un trail : les jours d'avant, la veille, le matin
- Les jours d'avant : mangez normalement. Pas de recharge glucidique, même avant un ultra : un estomac léger compte plus le jour J qu'une assiette de pâtes de plus.
- La veille : un repas habituel, des féculents bien cuits, peu de fibres et peu de graisses cuites. Rien de nouveau.
- Le matin : un petit-déjeuner digeste 3 heures avant le départ, avec des glucides et un peu de graisses : pain, flocons, banane, beurre de noix.
- 30 minutes avant le départ : 1 sachet BSE Zone 2.
Le détail dans notre guide que manger avant une course.
Pendant un trail court : boire avant tout
En dessous de 2 heures, vos réserves couvrent l'essentiel de l'effort. Buvez régulièrement, par petites gorgées. Une dose de BSE Tempo dans 500 ml (15 g de glucides et 600 mg de sodium) suffit largement, surtout s'il fait chaud.
Pendant un trail de 30 à 50 km : 20 à 45 g de glucides par heure
Les recommandations classiques parlent de 30 à 60 g de glucides par heure. Notre repère est plus sobre : 20 à 45 g par heure, en petites quantités régulières dès la première heure. En trail, une grande partie de l'effort se fait en montée marchée, à intensité modérée, là où le corps tourne largement aux graisses.
- BSE Tempo : 1 dose par heure dans 500 ml, en petites gorgées.
- BSE Zone 2 : 1 sachet toutes les 2 heures, pour l'énergie de fond et la satiété.
- De vrais aliments pour compléter : une banane apporte environ 25 g de glucides. Une dose de Tempo et une banane par heure, et vous êtes autour de 40 g.
- Mangez avant d'avoir faim : en trail, attendre la fringale, c'est déjà trop tard.
Pendant un ultra-trail : 45 à 90 g de glucides par heure
Au-delà de 6 heures, les besoins augmentent, mais la digestion devient le facteur limitant. L'objectif : un apport régulier, varié, et une base qui ne fatigue pas l'estomac.
- Une base stable : Tempo chaque heure pour le sodium et les glucides, Zone 2 toutes les 2 heures pour l'énergie lipidique.
- De vrais aliments aux ravitaillements : banane, pommes de terre salées, compote, dattes, bouillon. Le salé devient précieux quand le sucré ne passe plus.
- Des gels, ponctuellement, sur les passages les plus intenses : quand vous êtes au-dessus de 80 % de votre fréquence cardiaque maximale.
- Jamais plus de 90 g de glucides par heure au total. Au-delà, la plupart des estomacs ne suivent plus.
Nous développons de nouveaux produits pour ces efforts plus longs et plus intenses. En attendant, les vrais aliments font très bien le travail.
Montées, descentes, nuit : adapter le ravitaillement
- En montée marchée : c'est le bon moment pour manger. L'intensité est modérée et l'estomac digère mieux qu'en descente.
- En descente : buvez, mais évitez de manger. Les chocs secouent l'estomac.
- La nuit : l'appétit baisse et le froid arrive. Privilégiez le chaud et le salé (bouillon, soupe) et continuez à manger de petites quantités, même sans faim.
Combien boire en trail ?
Le repère habituel est de 400 à 750 ml par heure, selon la chaleur, l'altitude et votre transpiration. Buvez par petites gorgées régulières, sans attendre la soif, mais sans vous forcer non plus. Et n'oubliez pas le sodium : sur plusieurs heures, l'eau seule ne suffit pas. Une dose de Tempo apporte 600 mg de sodium par 500 ml.
Éviter les troubles digestifs
- Testez tout à l'entraînement : vos produits, vos aliments, votre rythme, sur des sorties longues en conditions de course.
- Fractionnez : de petites prises régulières passent mieux que de grosses prises espacées.
- Ne surchargez pas en sucre : trop de glucides d'un coup, surtout en gels, est l'une des premières causes de nausées.
- Alternez sucré et salé : la lassitude du goût sucré coupe l'appétit sur les longues distances.
- Gérez votre allure : à trop haute intensité, la digestion ralentit fortement. Partir trop vite, c'est aussi bloquer son estomac.
Après un trail ou un ultra
Dans les 30 premières minutes : de l'eau salée, un bouillon ou une dose de Tempo. Ensuite, un apport digeste, puis un vrai repas avec des féculents et des protéines dans les heures qui suivent. Après un ultra, la digestion est souvent fatiguée : allez-y progressivement. Le détail dans notre guide récupération sportive.
Questions fréquentes
Que manger pendant un trail de 15 à 20 km ?
Peu de chose : 1 sachet BSE Zone 2 30 minutes avant le départ, puis de l'eau ou une dose de Tempo en petites gorgées. Sur moins de 2 heures, vos réserves font le travail.
Quel plan nutrition pour un trail de 50 km ?
Comptez 5 à 10 heures selon le dénivelé. 1 sachet Zone 2 avant le départ puis toutes les 2 heures, 1 dose de Tempo par heure, et de vrais aliments aux ravitaillements pour viser 20 à 45 g de glucides par heure. Mangez de préférence dans les montées.
Comment s'alimenter sur un trail de 100 km ?
Avec une base régulière (Tempo chaque heure, Zone 2 toutes les 2 heures) et beaucoup de vrais aliments, salés comme sucrés, pour monter progressivement vers 45 à 90 g de glucides par heure. Gardez les gels pour les passages intenses, et adaptez-vous à la nuit avec du chaud et du salé.
Peut-on faire un ultra-trail sans gel ?
Oui. Beaucoup d'ultra-traileurs s'appuient surtout sur des boissons et de vrais aliments, et gardent les gels pour quelques moments clés. Nos témoignages d'athlètes en ultra racontent comment ils ont géré leur carburant sur des courses de plusieurs dizaines d'heures.
Conclusion
En trail, la nutrition ne se joue pas le jour J. Elle se construit à l'entraînement : un moteur aérobie qui brûle les graisses, un estomac habitué à manger en courant, une stratégie testée. Le jour de la course, il n'y a plus qu'à l'appliquer : une base stable avec Zone 2 et Tempo, de vrais aliments, et des gels gardés pour les moments où ils comptent vraiment.
Pour aller plus loin : nutrition marathon et semi, que manger avant une course, que manger pendant l'effort : glucides par heure, gels énergétiques : faut-il en prendre ?, récupération sportive, l'endurance fondamentale expliquée.